Quotas Inami : Evitons de sacrifier de nouvelles générations de candidats médecins !

Bruxelles, le 28 octobre 2014

 

inami

Alors que le nombre d’étudiants francophones qui termineront leurs études de 2014 à 2020 sera de 7000 à 7500, les chiffres décidés en conseil des ministres du 16 juin 2012 sont infimes (2830 numéros INAMI) et ne reposent sur aucun cadastre complet des médecins en exercice. Le nouveau gouvernement doit se saisir de cette question en urgence et rencontrer les revendications des étudiants en médecine.

 

Quotas globauxMédecins généralistes ou spécialistes 2007->2011 2012  2013  2014  2015-> 2017 2018 2019-> 2020

Communauté flamande               454           534   585     615     738      1.476         738

Communauté française                           303           356   390     410     492        984          492

Total                                                     757           890   975  1.025  1.230     2.460       1.230

 

Pour Muriel Gerkens, députée fédérale Ecolo, le statut-quo pose en effet de graves problèmes : « nousconnaissons une pénurie de médecins généralistes dans de nombreuses communes. Et ça ne va pas s’arranger. Alors que les médecins généralistes en exercice ont un âge supérieur à 50 ans en moyenne, les étudiants qui choisissent cette spécialisation sont trop peu nombreux malgré les aides incitatives existantes. On constate également que les médecins en exercice capables d’accueillir des stagiaires  ne sont plus assez nombreux. »

A l’autre bout de la chaine de cette pénurie, il y a également un embouteillage dans certaines disciplines où les actes sont mieux rémunérés dans les hôpitaux, ce qui pose le problème de la répartition des étudiants en médecine.

Face à ces problèmes, la réponse d’Ecolo est triple :  

- suppression du système des quotas INAMI ;

- renforcement de l’organisation des offres de soins de première ligne et organisation de celle-ci en lien avec une offre territoriale de soins spécialisés hospitaliers ;

- harmonisation du système de rémunération dans les hôpitaux pour éviter une concurrence entre spécialités.

Muriel Gerkens : « Nous mettons ces propositions sur la table depuis 2006 mais rien ne bouge. Avec des adaptations à la marge, le problème de la pénurie de médecins généralistes ne fera que se renforcer… tout comme le nombre de médecins dans les spécialisations en pénurie et tout comme le nombre de jeunes qui entament 7 ans minimum d’études de médecines pour rien. » 

 

Un problème supplémentaire se posera également en 2018 suite à la modification de la durée des études en médecine : il y aura une promotion composée en partie d’étudiants ayant effectué leur cursus en 7 ans et d’une autre partie d’étudiants ayant effectué leur cursus en 6 ans. Bref, ils seront deux fois plus. Pour Cécile Thibaut, sénatrice, la réponse est claire : « Il faudra doubler les chiffres déjà fixés du contingentement pour permettre ce double afflux d’étudiants. ».

Si la nouvelle Ministre de la Santé Maggie De Block a promis de rencontrer les étudiants, des promesses ne suffiront pas. Il faut mettre rapidement en place un cadastre complet de la profession et des besoins territoriaux et réformer en profondeur la législation sur l’accès à la profession. L’inertie des gouvernements fédéraux successifs sur le sujet n’a que trop pénalisé toute une génération de candidats médecins.

Muriel GERKENS,

Députée fédérale

Cécile THIBAUT,

Sénatrice

Les commentaires sont fermés.