Bilan du Gouvernement Di Rupo Pas de quoi triompher !

Bruxelles, 3 décembre 2013

 

 

 

A quelques jours de son deuxième anniversaire, le Gouvernement Di Rupo a communiqué son bilan ce mardi. S’il faut mettre au crédit du Premier Ministre le fait d’avoir mis en place un Gouvernement après 541 jours d’affaires courantes, de gérer une équipe hétéroclite de six partis et de mener à bien la 6ème réforme de l’Etat (à laquelle les écologistes ont participé), Ecolo et Groen sont loin de partager le triomphalisme du Gouvernement fédéral.

Bien sûr, il y a pire ailleurs, mais les mesures d’austérité prises font mal aux plus faibles, les dettes léguées aux générations futures sont énormes, l’activité économique est en panne et les objectifs environnementaux oubliés. Au-delà du respect des trajectoires budgétaires, il manque un véritable projet !

Le souci de répondre aux exigences budgétaires de la Commission Européenne aura en effet été le seul horizon du Gouvernement fédéral, quelles que soient les conséquences concrètes sur le plan social, environnemental ou organisationnel des décisions prises pour y parvenir. Il n’est pas correct de prétendre que cette course aveugle au presqu’équilibre budgétaire n’a pas eu de conséquences sur le quotidien de nos concitoyens, sur les plus fragiles de notre société, sur le secteur associatif, sur l’emploi ou sur les entreprises.

Faute d’options protégeant les plus faibles et de choix préparant clairement l’avenir, les recettes traditionnelles des partenaires de la majorité fédérale n’ont pu éviter et ont amplifié une augmentation des chiffres de pauvreté : 15,3 % de la population (dont 18,7 % des enfants, 20,2 % des plus de 65 ans et 31,1 % des demandeurs d’emploi) vit en effet sous le seuil de pauvreté en Belgique contre 14,7% en 2008. Les choix du Gouvernement fédéral n’auront pas non plus empêché l’explosion du nombre de faillites d’entreprises, dont 90% sont des PME.

Par ailleurs, si le Gouvernement Di Rupo a géré au jour le jour, certains grands chantiers auront été laissés en friche. Le Gouvernement lèguera aussi une fameuse dette à d’autres entités et aux générations futures. En effet :

  • Il n’a rien résolu dans le dossier bancaire, pourtant prioritaire après la crise financière de 2008. Plutôt que d’exercer son pouvoir d’influence en tant qu’actionnaire ou de réguler effectivement le secteur bancaire, le Gouvernement  préfère laisser les mains libres au marché, en attendant d’hypothétiques décisions européennes…
  • Les reports de charge vers les communes pénalisent les communes qui ont de plus en plus de mal à remplir leurs missions de services aux citoyens. Ces reports n’en finissent pas d’être dénoncés, à juste titre, par les municipalistes, y compris lorsqu’ils appartiennent aux mêmes partis que les membres de la coalition fédérale ;
  • La dégressivité accélérée des allocations de chômage et la réforme des pensions vont plonger de plus en plus de nos concitoyens (et surtout de nos concitoyennes) dans la précarité et les conduire vers les CPAS (à charge en partie des communes). Des milliers de travailleurs sans emploi ont vu leurs indemnités réduites et 55.000 personnes pourront être exclues du droit aux allocations d’insertion à partir du 1er janvier 2015. Ce seront essentiellement des femmes au travail à temps partiel ;
  • Plutôt que d’œuvrer à une meilleure liaison des allocations sociales au bien-être, le Gouvernement fédéral a préféré réduire l’enveloppe budgétaire disponible pour les plus fragiles et choisi à plusieurs reprises de manipuler l’index pour imposer des modérations salariales non-assumées aux travailleurs et aux allocataires ;
  • Notre système fiscal est plus inéquitable que jamais. Les multinationales présentes en Belgique ne paient quasiment pas d’impôt, tandis que les PME, qui créent et consolident de l’emploi non-délocalisable restent soumises à une forte pression ;
  • Faute d’une organisation efficace et d’investissements bien pensés, la SNCB bat tous les records de non-ponctualité, au détriment des entreprises, des travailleurs et des étudiants.
  • Notre Justice est dans un état déplorable et sera toujours moins accessible à ceux qui en ont le plus besoin, tandis que les plus riches utilisent toutes les failles du droit pour échapper à toute sanction. Face à cette justice de classe, un mouvement de grève menace pour la première fois !
  • Les efforts climatiques ou de solidarité avec le sud sont reportés à plus tard, alors qu’ils sont plus urgents et nécessaires que jamais. Dans le même temps, le passif nucléaire ne fait que s’agrandir, d’autant plus avec le prolongement de 10 ans de la Centrale de Tihange.

Une autre voie est pourtant possible.  Les Gouvernements régionaux, où siègent Ecolo et Groen, le démontrent. Malgré les difficultés budgétaires, il est possible de préserver la solidarité et de conserver une capacité à investir résolument dans le redéploiement économique et dans le soutien aux secteurs d’avenir. A cette voie qui maintient espoir et perspectives, nous sommes contraints de conclure que le Gouvernement Di Rupo, deux ans après sa mise en place, a quant à lui fait le choix de l’impasse économique, sociale et environnementale. Ecolo appelle donc le Gouvernement fédéral à un sursaut. L’heure n’est pas encore aux affaires courantes, contrairement à l’impression qu’a pu donner la conférence de presse bilan du Gouvernement fédéral.

 

Muriel GERKENS,

Cheffe de groupe Ecolo à la Chambre

 

Georges GILKINET,

Député fédéral

 

 

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