Les fûts radioactifs, un fardeau difficilement gérable et dangereux pour l’environnement et les finances publiques

Fuite de fûts radioactifs à Dessel

 

 

 

 

La sous-commission Sécurité Nucléaire s’est réunie ce mardi à la Chambre. Cette réunion, réclamée par les écologistes, a largement évoqué la problématique des débordements de substances gélatineuses constatés sur une grande quantité de fûts radioactifs par l’Office Nationale des Déchets Radioactifs (Ondraf) sur le site de Belgoprocess à Dessel. L’audition des différents acteurs (Ondraf, Belgoprocess, AFCN, Electrabel) a non seulement permis de confirmer ces informations, qui n’étaient que partielles, mais également d’en savoir plus sur les difficultés de gestion des déchets nucléaires en Belgique. Pour Ecolo, il est temps de légiférer pour protéger la Belgique et ses citoyens des risques environnementaux et financiers que représentent les déchets nucléaires. 

 

Les inspecteurs de l’Ondraf ont donc découvert en février dernier un débordement de substance gélatineuse sur le couvercle et la paroi externe d’un fût. En septembre, les résultats des analyses montraient le même phénomène sur 42 fûts sur un échantillon de 58. Tous ces fûts proviennent de Doel et il y a 7 ans, ils ne présentaient aucune anomalie. Depuis, les inspections des fûts issus de 64 campagnes (soit 9000 fûts au total) de conditionnement des déchets de Doel, se sont poursuivies. Aujourd’hui 20 campagnes ont été vérifiées et 13 présentent des fûts défectueux. L’audition de ce mardi a également permis de constater que 100 autres fûts de déchets nucléaires provenant du réacteur BR3 du Centre d’Etude Nucléaire était défectueux. Ces fûts s’ajoutent à plus de 1700 autres fûts défectueux identifiés en 2003 et provenant de l’entreprise « Eurochemic », fermée depuis 1974 !

 

Pour Ecolo, ces nouvelles révélations démontrent l’importance d’assurer une inspection complète du parc des fûts radioactifs actuellement stockés en Belgique et d’assurer le retraitement qui s’impose.

 

Ces révélations démontrent toute la fragilité du processus de traitement des déchets nucléaires en Belgique. Si la Belgique est, heureusement, sortie de l’immersion en mer des déchets radioactifs, solution préconisée des années 60 à 1982, les processus de stockage actuels des déchets présentent manifestement des failles d’autant plus inquiétantes que ces déchets sont sensés être entreposés durant des centaines d’années.

 

Pour les écologistes, le Gouvernement doit répondre doublement à cette situation :

 

1) en préférant un stockage réversible qui permettrait de traiter les déchets nucléaires plus efficacement en fonction de l’évolution technologique et de vérifier l’évolution des conditionnements sur le long terme ;

 

2) en adoptant une législation qui protège, même en cas de faillite ou d’arrêt d’activité du producteur, l’Etat et les citoyens, des surcoûts occasionnés pendant ces décennies par une gestion difficile de ces déchets nucléaires.

 

Les producteurs nucléaires sont aujourd’hui assurés durant 50 ans contre les vices cachés des conditionnements de leurs « déchets nucléaires » mais qui assumera si les détériorations apparaissent plus tard ? Rien ne garantit par ailleurs que les provisions qu’ils versent à l’Ondraf seront suffisantes. En cas de faillite ou d’arrêt d’activité de l’exploitant, rien ne protège non plus les finances publiques.

 

Aucune Ministre n’était en Commission aujourd’hui pour prendre conscience de l’ampleur de la situation. Il s’agit d’une politique de l’autruche parfaitement irresponsable.

 

Muriel GERKENS,

Cheffe de groupe Ecolo à la Chambre

 

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