Perturbateurs endocriniens: combien de malades faudra-t-il avant qu’on les interdise ?

Il n’est plus possible de supporter des malformations de nouveaux nés, une explosion de cancers du sein et une prolifération de maladies chroniques, simplement parce que le gouvernement refuse d’agir et d’interdire les substances chimiques qui sont des perturbateurs endocriniens.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui ont des effets néfastes sur les organismes humains. Ces substances modifient notre fonctionnement hormonal. Or, les hormones sont véhiculées par le sang et sont présentes dans tout notre organisme, mais aussi dans les fœtus pendant la grossesse. Les problèmes de santé se transmettent dès lors d’une génération à l’autre.

Les problèmes de santé les plus rencontrés sont la stérilité, des cancers du sein, des anomalies congénitales, des maladies chroniques comme le diabète, l’asthme, l’obésité et des troubles du neuro-développement.

Les effets négatifs des perturbateurs endocriniens sont également plus graves lorsque les expositions ou absorptions se produisent durant les périodes d’activité hormonale intense comme la grossesse, la petite enfance ou l’adolescence. Et la nocivité des effets est aussi élevée à faibles doses qu’à fortes doses, sans compter les effets « cocktails » fréquents puisque nous sommes souvent exposés à plusieurs substances réunies dans un même produit fini.

“Il n’est plus possible de supporter des malformations de nouveaux nés, une explosion de cancers du sein et une prolifération de maladies chroniques, simplement parce que le gouvernement refuse d’agir et d’interdire les substances chimiques qui sont des perturbateurs endocriniens. Outre les souffrances personnelles, le coût de ces maladies est de 14 milliards par an en Belgique ! Surtout que des alternatives existent. Donc ne succombons pas au chantage des multinationales qui refusent toute réglementation et qui ne visent que l’argent !”
déclare Muriel Gerkens, députée fédérale, en déposant des textes au parlement fédéral.

Selon l’OMS, près de 800 substances chimiques pourraient avoir des effets sur le système endocriniens

Parmi ceux-ci :

  • le bisphénol A présent encore en Belgique dans des récipients alimentaires non spécifiques aux nourrissons, dans les tickets de caisse,… ;
  • les phtalates présents dans les matériaux médicaux de transfusion, dans des emballages, dans des peintures… ;
  • le triclosan présent dans les savons et dentifrices ;
  • les pesticides, comme le round up, toujours pas interdit en Belgique.

Bref, ils sont partout et leurs effets nocifs sont connus. On estime qu’en Belgique, le coût annuel des maladies endocriniennes est de 1262 euros par personne, soit 14 milliards pour le pays.

Qu’attend-on pour agir ?

Ecolo et Groen réclament l’interdiction de toutes les substances qui se révèlent être des perturbateurs endocriniens pour l’ensemble des usages. Les entreprises productrices doivent être obligées de développer des substances alternatives et la seule manière de les y contraindre est d’interdire les produits actuels dangereux pour la santé.

En 2009, la Commission européenne avait annoncé sa volonté d’identifier et de réglementer les perturbateurs endocriniens pour décembre 2013. Cela n’a pas été fait à cause de la pression des lobbys chimiques. Il revient dès lors aux États, et donc à la Belgique également, de prendre des initiatives et de forcer l’Union Européenne à agir.

Un plan national de recherche et d’identification des perturbateurs endocriniens doit être élaboré ainsi qu’un plan pluriannuel de substitution.

La Belgique doit s’associer à la plainte déposée par la Suède contre la Commission européenne pour non respect de ses obligations dans la définition des critères permettant d’identifier et d’interdire les perturbateurs endocriniens. Elle doit soutenir la France qui veut retirer le bisphénol A dans le papier thermique (que l’on retrouve dans les tickets de caisse).

Plus d’articles

Les commentaires sont fermés.