Fermeture du service indépendant d’information des médecins: jusqu’où ira la complicité entre la ministre de la santé et les firmes pharmaceutiques ?

 

Nous apprenons que l’ASBL Farmaka s’est vue forcée de procéder au licenciement collectif de l’ensemble de ses 28 employés et de mettre fin à la collaboration avec ses auteurs indépendants. « On ne peut que s’étrangler face à la mise à mort par la Ministre De Block de ce service indépendant d’information des médecins sur les nouveaux médicaments », dénonce la députée fédérale ECOLO Muriel Gerkens.

Cette décision est une conséquence directe des économies que Maggie De Block opère sur l’information indépendante des médicaments (de 3,5 millions à 2 millions d’euros), mettant fin au travail des visiteurs médicaux indépendants.

La Belgique bat des records en matière de surconsommation de médicaments. Nous faisons partie des leaders pour la prescription d’antibiotiques, d’antiacides (IPP) et d’antidépresseurs. Chez les personnes âgées, la polymédication (> 5 médicaments par jour) est devenue la règle alors qu’elle devrait être l’exception. le budget destiné aux médicaments explose au delà des limites budgétaires imposées aux différents secteurs des soins de santé et la confidentialité des négociations sur le prix des médicaments ne cesse d’être renforcée.

Le gouvernement s’était pourtant engagé à inciter les médecins à prescrire des médicaments de façon plus efficace, tant du point de vue prix que du point de vue volume: « Des informations plus objectives seront fournies aux prescripteurs et des incitants seront associés à une modification effective du comportement en matière de prescription dans le sens de prescriptions moins chères ».

C’est ce que fait l’asbl FARMAKA en informant les médecins généralistes et le personnel soignant de manière scientifique et indépendante sur une utilisation rationnelle des médicaments. En 2016, plus de 9.600 visites ont été réalisées auprès de 5.200 médecins différents par une petite équipe de seulement 15 visiteurs médicaux. Soit plus de 43% des médecins généralistes de notre pays, contre 23% en 2013. Le projet bénéficie du soutien financier de l’Afmps à hauteur de 1.2 millions d’euros. « Il vient un moment où les déclarations ne permettent plus de camoufler les actes. Madame la ministre, votre guide doit être la santé publique et non l’intérêt des lobbys du médicaments », conclut Muriel Gerken

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