Perturbateurs endocriniens : Ecolo regrette le flou et les exemptions qui subsistent

Santé-Environnement

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La commission européenne soumettait aujourd’hui au vote des Etats européens sa proposition relative à la définition des perturbateurs endocriniens et des critères permettant leur interdiction.

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Par Muriel Gerkens
Publié le 4 juillet 2017

Pour Ecolo, cette proposition est trop faible et fait passer, une nouvelle fois, les intérêts de l’industrie chimique et agro-alimentaire avant la santé des citoyens. En effet, les risques potentiels restent absents du texte voté aujourd’hui, ainsi que les ‘effets cocktail’ qu’il n’est pas prévu d’analyser. Ecolo souligne à cet égard que si 50 millions d’euros seront consacrés à la recherche indépendante, cela reste peu par rapport aux moyens de l’agro-chimie.

« Il reste par ailleurs des exemptions de perturbateurs endocriniens toxiques, en faisant croire que des usages limités ou en faibles quantités seraient moins dangereux. Or, de nombreuses études pointent que ces substances agissent sous le seuil de toxicité. Enfin, la proposition de la Commission ne vise que les pesticides et ne pointe que fort peu les cosmétiques, par exemple, alors qu’on sait qu’ils regorgent de ces produits, » commente la députée fédérale Ecolo Muriel Gerkens.

Ecolo rappelle que les perturbateurs endocriniens font partie de ces substances chimiques qui modifient le fonctionnement hormonal et le métabolisme, et qui provoquent notamment stérilité, cancers, hyperactivité, autisme, et diabète. Or, ces perturbateurs sont présents partout : dans les emballages, y compris alimentaires, les vêtements, les pesticides, les produits de nettoyage, les cosmétiques, les produits d’hygiène pour bébés,…

La question de leur définition est cruciale afin de pouvoir les identifier et les interdire efficacement. Le vote européen d’aujourd’hui est dès lors insuffisant pour la santé publique. Pour Ecolo, les avancées obtenues, notamment en ce qui concerne l’engagement de réaliser dans les deux ans une recherche sur les effets des perturbateurs endocriniens, d’évaluer l’efficience des critères adoptés ou encore de laisser les États membres décider d’autoriser ou pas ces substances sur leur territoire, sont réelles mais trop faibles par rapport aux enjeux.

« Sans prise de position forte et définition ambitieuse, il sera extrêmement difficile de diminuer les impacts négatifs de ces substances et ainsi protéger la santé des citoyens. Il est prouvé que ces produits sont dangereux pour la santé, même à faible dose. Et comme ils sont présents partout, les effets cocktails multiplient encore leur impact. Cette main-mise des lobbies sur notre santé et celle de nos enfants est totalement inacceptable ! » s’indigne la députée fédérale Ecolo Muriel Gerkens.

Pour les écologistes, la Belgique doit dès lors urgemment agir pour protéger ses citoyens, ce qu’elle peut déjà faire en soutenant la proposition de loi déposée par Ecolo-Groen visant à lutter contre les perturbateurs endocriniens et à interdire complètement le bisphenol A, une substance désormais reconnue comme toxique et cancérogène. Cette proposition de loi sera prochainement discutée en Commission Santé.

« Il ne peut y avoir de compromis en matière de perturbateurs endocriniens. En nous intoxiquant aujourd’hui, non seulement nous abîmons notre santé mais il est prouvé que les effets de cette toxitité sont transgénérationnels. C’est-à-dire qu’ils peuvent affecter la santé de la personne contaminée mais également celle de sa descendance, et ce jusqu’à 3 générations. On empoisonne donc aussi la santé de nos enfants et celle des enfants de nos enfants ! » conclut Muriel Gerkens.

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