Amiante et Round Up : ne plus commettre les mêmes erreurs

Santé

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La cour d’appel de Bruxelles vient de rendre son verdict sur l’affaire qui oppose une famille victime de l’amiante à la société Eternit et confirme la condamnation de cette dernière. Ecolo relève d’inquiétantes similitudes entre l’attitude des autorités d’hier par rapport à la dangerosité de l’amiante et de celles d’aujourd’hui par rapport au glyphosate, et appelle une nouvelle fois le Gouvernement fédéral à appliquer le principe de précaution.

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Par Patrick Dupriez, Muriel Gerkens
Publié le 28 mars 2017

 
Ecolo rappelle que les effets mortels de l’amiante ont été cachés pendant de très nombreuses années par les entreprises productrices, et que l’État n’a assumé ses responsabilités qu’à partir de 1998 en interdisant l’amiante et de 2007 en mettant en vigueur le fonds d’indemnisation des victimes. Ecolo relève d’inquiétantes similitudes entre l’attitude des autorités d’hier par rapport à la dangerosité de l’amiante et de celles d’aujourd’hui par rapport au glyphosate. Il règne en effet un climat d’opacité autour de ces substances : études peu transparentes, conflits d’intérêts potentiels chez certains chercheurs, organisation de messages, par les producteurs de pesticides et herbicides, faussement scientifiques visant à démontrer la non dangerosité de leurs produits,…

« Le déni dans lequel s’enfonce entre autres le Ministre MR de l’Agriculture Willy Borsus me rappelle très désagréablement l’aveuglement similaire relatif à l’amiante, » s’inquiète la députée fédérale Ecolo Muriel Gerkens. « Nous n’avons interdit l’amiante que fin des années 90, le fonds d’indemnisation des victimes n’est en entré en vigueur qu’en 2007 et nous savons qu’entre 2010 et 2020, ce seront plus de 10.000 personnes qui souffriront et mourront de cancers provoqués par l’amiante. Appuyons-nous sur les erreurs du passé pour ne plus les reproduire. La santé des hommes, des femmes et des enfants doit primer sur les intérêts des lobbies et de l’industrie agro-alimentaire, » poursuit Muriel Gerkens.

L’écologiste rappelle à cet égard la proposition de loi d’Ecolo-Groen visant à améliorer le Fonds amiante, notamment en termes de maladies reconnues comme étant liées à l’amiante, d’accès à l’information pour les victimes et leur entourage, ou encore l’autorisation de recours en justice contre le responsable de l’exposition même lorsque le Fonds est intervenu.

Pour Ecolo, qu’il s’agisse d’amiante hier, ou de glyphosate aujourd’hui, c’est évident : la santé des citoyens doit être LA priorité. Et le principe de précaution doit donc s’appliquer. Les responsables politiques doivent impérativement (re)trouver le courage de résister aux puissants lobbies financiers et agir fermement pour protéger la santé des citoyens, et singulièrement des enfants.

« Des alternatives à l’herbicide Roundup existent. Elles nécessitent d’en revenir aux principes agronomiques fondamentaux. Proposer un futur désirable, c’est aussi soutenir et promouvoir une agriculture respectueuse de la biodiversité, de l’environnement et de la santé des agriculteurs comme des citoyens. Pour le glyphosate, comme pour l’amiante il y a quelques années, il est temps de sortir de cet aveuglement, sous peine de reproduire les mêmes erreurs, au détriment de la santé de milliers de belges et de dégâts irréversibles dans notre environnement, » conclut le coprésident d’Ecolo Patrick Dupriez.

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