Ecolo participe à la Journée contre l’excision, voici mon intervention à la chambre, co-signée par Hélène Ryckmans,

Depuis l’année 2000, la Belgique rend punissable pénalement les actes de mutilation génitale et depuis 2014, les incitations et publicités en faveur des mutilations génitales sont également punissables.
Le 3 décembre 2015, le parlement belge a voté son assentiment à la convention d’Istambul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, dont les violences de nature sexuelle.
Cette convention exige des Etats, la mise en place de politiques concrètes et d’outils contraignants pour sortir des intentions, des études et des plans théoriques.
Car, aujourd’hui encore et malgré la mobilisation des associations de femmes et
de soignants, dans le monde et également en Belgique, les mutilations génitales
féminines restent un sujet de grande préoccupation. Ce sont des centaines de
millions de jeunes filles et de femmes qui sont excisées et des millions qui sont à
risque de l’être.

En Belgique, 13 000 fillettes et femmes accueillies ont subi des mutilations
génitales et 4000 seraient potentiellement à risque d’une excision.

En cette journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines, nous, le groupe Ecolo-Groen, souhaitons réaffirmer notre engagement dans cette lutte.
Nous pensons que dans un premier temps, il faut renforcer le travail de première ligne par la formation et la sensibilisation des acteurs de terrain afin qu’ils puissent être outillés au mieux dans l’accompagnement psycho-médico-social des filles et des femmes ayant subis une MGF mais également dans la prévention auprès des populations où les filles sont le plus à risque de l’être.
Deux projets pilotes via les centres de référence des hôpitaux de Gand et de Saint-Pierre à Bruxelles seront évalués au printemps 2017. La commission santé de la Chambre prendra le temps d’y donner suite afin d’améliorer nos politiques de prévention et de sanction.
Nous devrons examiner dans quelle mesure, il faudrait contraindre les professionnels de la santé à enregistrer les mutilations constatées (ou demandées) dans les dossiers médicaux des patients.
Il faudra aussi envisager comment améliorer, voire exiger, le signalement au procureur du roi par les professionnels de la santé de toute mutilation ou menace de mutilation sur toute personne. Aujourd’hui, le droit de signalement se limite aux violences exercées à l’égard de mineures ou de personnes vulnérables.
Mais il faut aussi que les politiques de santé des différents niveaux de pouvoir se donnent les moyens de consolider la collaboration entre les organisations de la société civile travaillant sur le terrain et les acteurs de 1ère ligne tels que les médecins généralistes, les pédiatres, les centres et services de médecine et de santé œuvrant dans les écoles et les crèches (l’ONE,CPMS, les SPSE ou encore les CPF,…) les centres d’accueil pour réfugiés.
Enfin, il est indispensable que les associations assurant la défense de ces femmes, jeunes filles et fillettes bénéficient de fonds structurels. Leurs engagements au quotidien montrent bien à quel point elles sont nécessaires auprès des acteurs de la justice, de l’aide sociale,de l’accueil, de l’enseignement et de la santé.
Il reste encore du chemin et du travail à réaliser. C’est à nous, parlementaires, de travailler ensemble avec un objectif commun : endiguer la problématique des MGF pour que plus aucune fille n’ait à subir ce traumatisme !

Muriel Gerkens
Députée fédérale ECOLO
Présidente de la commission santé de la chambre

Hélène Rijckmans,
Députée Wallonne et Sénatrice ECOLO

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