Perturbateurs endocriniens: combien de malades faudra-t-il avant qu’on les interdise ?

Il n’est plus possible de supporter des malformations de nouveaux nés, une explosion de cancers du sein et une prolifération de maladies chroniques, simplement parce que le gouvernement refuse d’agir et d’interdire les substances chimiques qui sont des perturbateurs endocriniens.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui ont des effets néfastes sur les organismes humains. Ces substances modifient notre fonctionnement hormonal. Or, les hormones sont véhiculées par le sang et sont présentes dans tout notre organisme, mais aussi dans les fœtus pendant la grossesse. Les problèmes de santé se transmettent dès lors d’une génération à l’autre.

Les problèmes de santé les plus rencontrés sont la stérilité, des cancers du sein, des anomalies congénitales, des maladies chroniques comme le diabète, l’asthme, l’obésité et des troubles du neuro-développement.

Les effets négatifs des perturbateurs endocriniens sont également plus graves lorsque les expositions ou absorptions se produisent durant les périodes d’activité hormonale intense comme la grossesse, la petite enfance ou l’adolescence. Et la nocivité des effets est aussi élevée à faibles doses qu’à fortes doses, sans compter les effets « cocktails » fréquents puisque nous sommes souvent exposés à plusieurs substances réunies dans un même produit fini.

“Il n’est plus possible de supporter des malformations de nouveaux nés, une explosion de cancers du sein et une prolifération de maladies chroniques, simplement parce que le gouvernement refuse d’agir et d’interdire les substances chimiques qui sont des perturbateurs endocriniens. Outre les souffrances personnelles, le coût de ces maladies est de 14 milliards par an en Belgique ! Surtout que des alternatives existent. Donc ne succombons pas au chantage des multinationales qui refusent toute réglementation et qui ne visent que l’argent !”
déclare Muriel Gerkens, députée fédérale, en déposant des textes au parlement fédéral.

Selon l’OMS, près de 800 substances chimiques pourraient avoir des effets sur le système endocriniens

Parmi ceux-ci :

  • le bisphénol A présent encore en Belgique dans des récipients alimentaires non spécifiques aux nourrissons, dans les tickets de caisse,… ;
  • les phtalates présents dans les matériaux médicaux de transfusion, dans des emballages, dans des peintures… ;
  • le triclosan présent dans les savons et dentifrices ;
  • les pesticides, comme le round up, toujours pas interdit en Belgique.

Bref, ils sont partout et leurs effets nocifs sont connus. On estime qu’en Belgique, le coût annuel des maladies endocriniennes est de 1262 euros par personne, soit 14 milliards pour le pays.

Qu’attend-on pour agir ?

Ecolo et Groen réclament l’interdiction de toutes les substances qui se révèlent être des perturbateurs endocriniens pour l’ensemble des usages. Les entreprises productrices doivent être obligées de développer des substances alternatives et la seule manière de les y contraindre est d’interdire les produits actuels dangereux pour la santé.

En 2009, la Commission européenne avait annoncé sa volonté d’identifier et de réglementer les perturbateurs endocriniens pour décembre 2013. Cela n’a pas été fait à cause de la pression des lobbys chimiques. Il revient dès lors aux États, et donc à la Belgique également, de prendre des initiatives et de forcer l’Union Européenne à agir.

Un plan national de recherche et d’identification des perturbateurs endocriniens doit être élaboré ainsi qu’un plan pluriannuel de substitution.

La Belgique doit s’associer à la plainte déposée par la Suède contre la Commission européenne pour non respect de ses obligations dans la définition des critères permettant d’identifier et d’interdire les perturbateurs endocriniens. Elle doit soutenir la France qui veut retirer le bisphénol A dans le papier thermique (que l’on retrouve dans les tickets de caisse).

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Concrétiser enfin l’égalité salariale, au delà des mots et des lois

Ecolo saisit la Journée des femmes en Belgique, qui se déroule le 11 novembre et qui n’est pas à confondre avec la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, pour déposer une proposition de loi qui veut rendre publiques les informations (c’est-à-dire l’évaluation et plan d’amélioration) du bilan social des entreprises concernant les données relatives aux rémunérations, temps de travail, organisation du travail ventilées selon le genre des travailleurs et travailleuses. Il s’agit également de rendre obligatoire la désignation d’un médiateur ou d’une médiatrice agissant contre les inégalités salariales et de conditions de travail entre hommes et femmes.

Pourquoi une telle volonté ?

Parce qu’aujourd’hui, fin 2017, les différences salariales sont toujours de 7% si on tient compte des rémunérations, et de 20% si on tient compte du revenu annuel des femmes et des hommes. En effet, 89,4 % des hommes travaillent à temps plein contre 55,6 % des femmes. Parmi les travailleurs à temps partiel (pas uniquement les salariés), 49 % des femmes (contre seulement 27 % des hommes) désignent la combinaison avec la vie de famille comme raison principale au temps partiel. Si les lois en matière d’égalité salariale sont indispensables, elles ne suffisent pas. Il faut mettre en place les conditions concrètes pour que ces lois deviennent des réalités. C’est donc l’objet de la proposition des écologistes, via la publicité des informations et le recours aux médiateurs.

Interdiction du glyphosate : maintenir la pression et s’en débarrasser !

NOUVEAUTE : Les représentants des 28 États membres de l’Union Européenne auraient du voter le mercredi 25 octobre sur un renouvellement pour dix ans de la licence de mise sur le marché du glyphosate. Ce vote est reporté au 9 novembre. Mais nous apprenons ce 27 octobre que le projet de la Commission européenne ne prévoit pas l’élimination progressive du glyphosate pendant la la durée de prolongation. Pour Ecolo, il est fondamental de maintenir la pression et de se débarrasser du glyphosate le plus rapidement possible, via une période de transition (‘phasing out’) la plus courte possible, de trois à cinq ans maximum. «Le PAN (Pesticide Action Network) démontre qu’il est possible de permettre aux agriculteurs de modifier leurs pratiques et de s’en passer dans les 5 ans maximum. Plus d’un million de citoyens se sont exprimés pour que ce produit dangereux soit interdit. Il faut les entendre et sortir de l’usage du glyphosate rapidement. Plus le temps laissé à la transition est long, moins les efforts sont intenses et organisés pour la rendre possible. Or, des alternatives existent déjà, il s’agit maintenant de les mettre en œuvre le plus rapidement possible, » commente Muriel Gerkens, députée fédérale Ecolo. Ecolo-Groen demande dès lors au Ministre de l’Agriculture Denis Ducarme (MR) de rejoindre la France en tolérant une prolongation de maximum 3 ans accompagnée d’un plan de transition avec les agriculteurs.

Ce mercredi, les représentants des 28 États membres de l’Union devront voter sur un renouvellement pour dix ans de la licence de mise sur le marché du glyphosate. On apprend aujourd’hui que la Belgique défendrait un renouvellement pour 5 ans, assorti d’un ‘phasing out’. « Cinq ans, c’est trop long et inutile. Le PAN (Pesticide Action Network) démontre en effet que trois ans sont suffisants pour permettre aux agriculteurs de modifier leurs pratiques et de s’en passer, » commente la députée fédérale Ecolo Muriel Gerkens. « Plus le temps de transition est long, moins les efforts sont intenses et organiser pour rendre possible cette transition. »

Ecolo-Groen demande dès lors au Ministre de l’Agriculture Denis Ducarme (MR) de s’opposer à la proposition de la commission européenne et de rejoindre la France en tolérant une prolongation de maximum 3 ans accompagnée d’un plan de transition avec les agriculteurs.

Ecolo-Groen appelle la Chambre dans son ensemble à soutenir la lutte contre la pauvreté

 

Il y a eu beaucoup d’ambiguïté la semaine dernière quant à l’engagement du Gouvernement fédéral d’augmenter les allocations les plus faibles au niveau du seuil de pauvreté. En effet, la Secrétaire d’État à la lutte contre la pauvreté Zuhal Demir (N-VA) a jeté l’éponge. Mais hier, lors des débats sur l’état de l’union et suite aux vives critiques, le Premier Ministre Charles Michel s’est engagé à respecter l’accord du gouvernement en la matière. Pour Ecolo-Groen, ceci constitue un pas en avant important. Mais les écologistes souhaitent que la Chambre dans son ensemble s’engage dans cette direction et préparent à cet égard une résolution, qu’ils ouvrent à la cosignature de tous les partis.

Ecolo-Groen permet ainsi à tous les groupes de se positionner clairement par rapport à la lutte contre la pauvreté. « Nous avons assisté à un va-et-vient constant au cours de ces derniers jours. Mais le Premier Ministre s’est engagé hier a prendre les choses en main. Nous sommes évidemment satisfaits qu’il confirme à nouveau cette ambition. Mais l’ambition seule ne suffit pas, il faut concrétiser les discours. Cela fait déjà 10 ans qu’on en parle. Cela concerne les personnes les plus fragiles de notre société, les Belges qui rencontrent le plus de difficultés. Respecter la parole donnée est une nécessité, et cela ne sera possible que si tout le monde s’y engage formellement. Ceci dépasse les clivages ‘majorité/opposition’, ceci concerne la dignité humaine, » commente Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre.

Les Verts se montrent également critiques envers le rôle de la Secrétaire d’État Zuhal Demir : « Qu’elle soit la première à jeter l’éponge, alors qu’elle est sensée être la personne qui défend le plus les personnes précarisées au sein du Gouvernement, est particulièrement incompréhensible. Suite à tous ces atermoiements, il est donc primordial que le Parlement s’engage clairement. Suite aux déclarations du Premier Ministre hier, nous espérons que tous les groupes vont suivre le même chemin et enfin prendre les mesures nécessaires à une lutte efficace contre la pauvreté. Faire en sorte que les allocations les plus basses atteignent le seuil de pauvreté n’est pas suffisant mais c’est un droit fondamental, » conclut Muriel Gerkens, députée fédérale Ecolo.

Vente de données médicales des patients: la Ministre refuse d’entendre raison !

Pour de l’argent, des hôpitaux vendent les données santé de leurs patients. « Cest inadmissible sur le plan éthique et c’est une infraction à la loi sur les droits du patient qui exige son consentement éclairé pour toute utilisation des données auxquelles il donne accès, ce qui n’est évidemment pas le cas ici », s’insurge Muriel Gerkens, députée fédérale ECOLO.

La députée écologiste participe actuellement à un travail sur les big data en matière de santé. Il en ressort, au fil des auditions, de nombreuses questions relatives justement aux risques d’accès aux données collectées et à l’anonymisation insuffisante des données personnelles. « De nombreux acteurs de la santé témoignent de ces problèmes mais la ministre de la santé refuse d’entendre ces risques au nom du progrès et de la digitalisation indispensable des données pour améliorer les soins de santé ! » poursuit Muriel Gerkens

Outre le non respect des exigences en éthique et en droits du patient, il s’agit dans ce cas ci de fournir des données personnelles à des firmes qui vont en retirer des bénéfices au détriment des budgets soins de santé et en faveur de la surconsommation de médicaments ! Muriel Gerkens va un nouvelle fois interpeller la ministre de la santé pour qu’il y ait renforcement de la confidentialité des données, interdiction absolue de vente des données santé récoltées auprès et à propos des patients et vérification du bon usage des données collectées auprès des patients via leur participation aux recherches et aux essais cliniques notamment.

« Les lois ne pourront être respectées si les pouvoirs publics ne se donnent pas la possibilité de maîtriser la collecte, la confidentialité absolue et l’usage aux fins d’intérêt de santé publique uniquement. La ministre de la santé doit cesser de croire au mirage de la technologie et accepter de se préoccuper des patients et des médecins qui dénoncent les risques de dérive de manière répétée », conclut Muriel Gerkens.

Suppression de la taxe tampon : un combat en faveur des femmes et de leur santé qui aboutit!

 

Sous l’impulsion de Muriel Gerkens, Ecolo a déposé en octobre 2016 une proposition de loi réclamant la suppression de la TVA sur les produits hygiéniques féminins, considérant qu’il ne s’agit pas de produits de luxe, mais bien de produits de première nécessité.

Le gouvernement fédéral annonce enfin qu’il se rallie à cette proposition. Pour Muriel Gerkens, il s’agit là d’une belle victoire en faveur des femmes, de leur santé et de leur égalité !

Ecolo vérifiera que la surpression de cette taxe concernera bien l’ensemble des produits hygiéniques féminins.

Ecolo condamne les mesures du Gouvernement Fédéral visant une criminalisation de l’occupation des bâtiments abandonnés

 

Le Gouvernement fédéral s’apprête à faire voter une loi considérant que l’occupation d’un squat constituera à l’avenir une infraction pénale. Par la notion de ‘squat, le Gouvernement vise les biens non-occupés laissés à l’abandon par leur propriétaire.

Pour les Verts, ces dispositions sont inadmissibles car elles visent à pénaliser toute forme d’occupation de locaux inhabités, sans prendre en compte la réalité du terrain et la crise du logement dans les grandes villes.

« De nombreux bâtiments sont abandonnés et vides, parfois pour des raisons purement spéculatives, alors que de nombreuses personnes vivent dans nos rues. C’est évidemment inacceptable et nous nous y opposerons avec force, » commente Muriel Gerkens, députée fédérale Ecolo. « Par ailleurs, cette proposition de loi mélange deux problématiques différentes, c’est-à-dire ces occupations de bâtiments abonnés et la protection des locataires et propriétaires dont le logement serait occupé illégalement en leur absence. »

Ecolo-Groen va dès lors déposer un amendement visant à supprimer de cette proposition de loi les articles relatifs aux bâtiments abonnés.

Fermeture du service indépendant d’information des médecins: jusqu’où ira la complicité entre la ministre de la santé et les firmes pharmaceutiques ?

 

Nous apprenons que l’ASBL Farmaka s’est vue forcée de procéder au licenciement collectif de l’ensemble de ses 28 employés et de mettre fin à la collaboration avec ses auteurs indépendants. « On ne peut que s’étrangler face à la mise à mort par la Ministre De Block de ce service indépendant d’information des médecins sur les nouveaux médicaments », dénonce la députée fédérale ECOLO Muriel Gerkens.

Cette décision est une conséquence directe des économies que Maggie De Block opère sur l’information indépendante des médicaments (de 3,5 millions à 2 millions d’euros), mettant fin au travail des visiteurs médicaux indépendants.

La Belgique bat des records en matière de surconsommation de médicaments. Nous faisons partie des leaders pour la prescription d’antibiotiques, d’antiacides (IPP) et d’antidépresseurs. Chez les personnes âgées, la polymédication (> 5 médicaments par jour) est devenue la règle alors qu’elle devrait être l’exception. le budget destiné aux médicaments explose au delà des limites budgétaires imposées aux différents secteurs des soins de santé et la confidentialité des négociations sur le prix des médicaments ne cesse d’être renforcée.

Le gouvernement s’était pourtant engagé à inciter les médecins à prescrire des médicaments de façon plus efficace, tant du point de vue prix que du point de vue volume: « Des informations plus objectives seront fournies aux prescripteurs et des incitants seront associés à une modification effective du comportement en matière de prescription dans le sens de prescriptions moins chères ».

C’est ce que fait l’asbl FARMAKA en informant les médecins généralistes et le personnel soignant de manière scientifique et indépendante sur une utilisation rationnelle des médicaments. En 2016, plus de 9.600 visites ont été réalisées auprès de 5.200 médecins différents par une petite équipe de seulement 15 visiteurs médicaux. Soit plus de 43% des médecins généralistes de notre pays, contre 23% en 2013. Le projet bénéficie du soutien financier de l’Afmps à hauteur de 1.2 millions d’euros. « Il vient un moment où les déclarations ne permettent plus de camoufler les actes. Madame la ministre, votre guide doit être la santé publique et non l’intérêt des lobbys du médicaments », conclut Muriel Gerken

Médecine : Ecolo appelle à remplacer les quotas INAMI par une planification territoriale de l’offre de soins

Photo (CC) Freepik

Ecolo appelle, depuis plusieurs années déjà, à la suppression des quotas Inami et à leur remplacement par une planification alternative de l’offre de soins, afin de corriger l’inadéquation entre l’offre et les besoins de la population.

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Par Muriel Gerkens, Philippe Henry
Publié le 4 septembre 2017

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Niveau 3

L’offre de soins médicaux, qu’il s’agisse des médecins généralistes ou des médecins spécialistes est en effet inadaptée aux besoins : il n’y a pas de répartition équilibrée entre les zones territoriales du pays, entre villes et communes rurales, entre les différents quartiers des grandes villes ; et il manque une complémentarité entre la première ligne de soins de proximité et les soins spécialisés en structures hospitalières. Les hôpitaux eux-mêmes ont des difficultés à recruter ou à conserver dans leurs services certaines disciplines de spécialistes tandis qu’on observe des surconsommations d’actes techniques dans d’autres disciplines. L’enquête du journal Le soir parue ce 4 septembre confirme cette réalité.

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Niveau 4

« Je plaide auprès de la Ministre de la santé pour que la commission de planification intègre les observations des acteurs de terrains dans son évaluation des besoins en offre médicale mais le refus est systématique…, » commente la députée fédérale Ecolo Muriel Gerkens. « Pourtant l’obstination aveugle et abusive des ’preuves scientifiques et mathématiques’ ne peut supporter la confrontation aux chiffres commune par commune. »

Ecolo constate que les doyens des facultés de médecine et le KCE rejoignent petit à petit Ecolo dans cette vision alternative de la planification de l’offre mais pointe cependant la nécessité de revaloriser le rôle, la fonction, l’image et la perception du médecin généraliste dans notre société, au-delà du nombre total de médecins nécessaires.

« De nombreux rapports et études, de l’OMS notamment, pointent les pénuries, et montrent qu’il existe un réel problème d’accès aux soins et d’équité entre les citoyens selon les lieux où ils résident, leur capacité à se déplacer ou leurs moyens financiers, » ajoute Muriel Gerkens. « Or, le système actuel continue de fixer des quotas, couplés à un numerus clausus limitant l’accès aux études de médecine. Certains étudiants belges choisissent même de terminer leur cursus dans un autre pays européen afin de revenir prester en Belgique en dehors des quotas. Sur les 1715 médecins ayant reçu l’agrément en 2015, 23 % détenaient un diplôme étranger. Ces situations sont incroyables ! Il est urgent de revoir l’organisation des offres de soins et de mettre en place de nouveaux dispositifs, » poursuit Muriel Gerkens.

C’est la raison pour laquelle Ecolo a déposé une proposition de résolution à la Chambre visant à remplacer le système des quotas Inami. Pour les écologistes, la solution passe notamment par une évaluation territoriale des besoins en soins de santé et une planification de l’organisation des offres de soins de première ligne qui se base sur ces évaluations de terrain. Une même approche doit également être développée pour élaborer une offre territoriale de soins spécialisés en milieux hospitaliers.

Les Verts insistent particulièrement sur la mise en place d’une méthodologie collaborative et participative entre les acteurs des soins de santé et d’aides aux personnes dans les différents bassins de soin, afin d’évaluer si les besoins sont rencontrés ou non sur un même territoire. C’est le résultat de ce travail qui doit servir de base à la commission nationale de planification et aux Ministres régionaux pour déterminer le nombre et les qualifications des médecins qui seront nécessaires pour couvrir ces besoins.

« Il est impossible d’organiser une politique de santé conforme aux exigences de qualité, d’accessibilité et d’équité en s’obstinant dans le système actuel. L’approche par bassins de soin permet une meilleure répartition et plus de complémentarité dans les offres. Sachant qu’il faut au moins 10 à 15 ans pour former un médecin, l’inertie répétée du Gouvernement fédéral sacrifie non seulement toute une génération d’étudiants mais met à mal une politique de santé publique adaptée aux besoins. Il est grand temps que le Gouvernement prenne ses responsabilités, » conclut Muriel Gerkens.

Et le nombre de médecins étrangers exerçant en Belgique, avec un numéro Inami octroyé en dehors des quotas selon les règles européennes, a augmenté de 33 % sur 5 ans, ils étaient 504 en 2015.

Enfin, Muriel Gerkens dénonce le refus de la Ministre de la santé de donner les chiffres réels relatifs au nombre de généralistes commune par commune en fonction de leurs tranches d’âge. « J’ai déposé une question écrite, il y a plus d’un an. N’ayant pas de réponse je l’ai interrogée oralement et elle m’a dit qu’il était impossible de me donner ces chiffres vu l’avis négatif de la commission de protection de la vie privée. J’ai donc contacté cette commission qui a interrogé la Ministre sur ce qui lui permettait de se référer à cet avis puisqu’elle n’avait pas été consultée. La Ministre n’a jamais répondu à cette interrogation, sans doute parce que cette réponse de la ministre était mensongère.

J’ai donc re-déposé une question orale à la ministre de la santé car si le travail de la commission de planification se veut conforme aux annonces, elle doit disposer ’sans effort’ du nombre de médecins généralistes commune par commune et les répartir selon les tranches d’âges : moins de 35 ans, 36 à 45 ans, 46 à 55 ans, 56 à 65 ans et plus de 65 ans, » conclut Muriel Gerkens.

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Niveau 5

Un dossier suivi par

Muriel Gerkens

Muriel Gerkens

Députée fédérale

Je vous invite à visiter mon nouveau site internet www.gerkensmuriel.be

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Philippe Henry

Médecine : Ecolo appelle à remplacer les quotas INAMI par une planification territoriale de l’offre de soins

Ecolo appelle, depuis plusieurs années déjà, à la suppression des quotas Inami et à leur remplacement par une planification alternative de l’offre de soins, afin de corriger l’inadéquation entre l’offre et les besoins de la population.

L’offre de soins médicaux, qu’il s’agisse des médecins généralistes ou des médecins spécialistes est en effet inadaptée aux besoins : il n’y a pas de répartition équilibrée entre les zones territoriales du pays, entre villes et communes rurales, entre les différents quartiers des grandes villes ; et il manque une complémentarité entre la première ligne de soins de proximité et les soins spécialisés en structures hospitalières. Les hôpitaux eux-mêmes ont des difficultés à recruter ou à conserver dans leurs services certaines disciplines de spécialistes tandis qu’on observe des surconsommations d’actes techniques dans d’autres disciplines. L’enquête du journal Le soir parue ce 4 septembre confirme cette réalité.

« Je plaide auprès de la Ministre de la santé pour que la commission de planification intègre les observations des acteurs de terrains dans son évaluation des besoins en offre médicale mais le refus est systématique…, » commente la députée fédérale Ecolo Muriel Gerkens. « Pourtant l’obstination aveugle et abusive des ‘preuves scientifiques et mathématiques’ ne peut supporter la confrontation aux chiffres commune par commune.»

Ecolo constate que les doyens des facultés de médecine et le KCE rejoignent petit à petit Ecolo dans cette vision alternative de la planification de l’offre mais pointe cependant la nécessité de revaloriser le rôle, la fonction, l’image et la perception du médecin généraliste dans notre société, au-delà du nombre total de médecins nécessaires.

« De nombreux rapports et études, de l’OMS notamment, pointent les pénuries, et montrent qu’il existe un réel problème d’accès aux soins et d’équité entre les citoyens selon les lieux où ils résident, leur capacité à se déplacer ou leurs moyens financiers, » ajoute Muriel Gerkens. « Or, le système actuel continue de fixer des quotas, couplés à un numerus clausus limitant l’accès aux études de médecine. Certains étudiants belges choisissent même de terminer leur cursus dans un autre pays européen afin de revenir prester en Belgique en dehors des quotas. Sur les 1715 médecins ayant reçu l’agrément en 2015, 23 % détenaient un diplôme étranger. Ces situations sont incroyables ! Il est urgent de revoir l’organisation des offres de soins et de mettre en place de nouveaux dispositifs, » poursuit Muriel Gerkens.

C’est la raison pour laquelle Ecolo a déposé une proposition de résolution à la Chambre visant à remplacer le système des quotas Inami. Pour les écologistes, la solution passe notamment par une évaluation territoriale des besoins en soins de santé et une planification de l’organisation des offres de soins de première ligne qui se base sur ces évaluations de terrain. Une même approche doit également être développée pour élaborer une offre territoriale de soins spécialisés en milieux hospitaliers.

Les Verts insistent particulièrement sur la mise en place d’une méthodologie collaborative et participative entre les acteurs des soins de santé et d’aides aux personnes dans les différents bassins de soin, afin d’évaluer si les besoins sont rencontrés ou non sur un même territoire. C’est le résultat de ce travail qui doit servir de base à la commission nationale de planification et aux Ministres régionaux pour déterminer le nombre et les qualifications des médecins qui seront nécessaires pour couvrir ces besoins.

« Il est impossible d’organiser une politique de santé conforme aux exigences de qualité, d’accessibilité et d’équité en s’obstinant dans le système actuel. L’approche par bassins de soin permet une meilleure répartition et plus de complémentarité dans les offres. Sachant qu’il faut au moins 10 à 15 ans pour former un médecin, l’inertie répétée du Gouvernement fédéral sacrifie non seulement toute une génération d’étudiants mais met à mal une politique de santé publique adaptée aux besoins. Il est grand temps que le Gouvernement prenne ses responsabilités, » conclut Muriel Gerkens.

Et le nombre de médecins étrangers exerçant en Belgique, avec un numéro Inami octroyé en dehors des quotas selon les règles européennes, a augmenté de 33 % sur 5 ans, ils étaient 504 en 2015.

Enfin, Muriel Gerkens dénonce le refus de la Ministre de la santé de donner les chiffres réels relatifs au nombre de généralistes commune par commune en fonction de leurs tranches d’âge. « J’ai déposé une question écrite, il y a plus d’un an. N’ayant pas de réponse je l’ai interrogée oralement et elle m’a dit qu’il était impossible de me donner ces chiffres vu l’avis négatif de la commission de protection de la vie privée. J’ai donc contacté cette commission qui a interrogé la Ministre sur ce qui lui permettait de se référer à cet avis puisqu’elle n’avait pas été consultée. La Ministre n’a jamais répondu à cette interrogation, sans doute parce que cette réponse de la ministre était mensongère.

J’ai donc re-déposé une question orale à la ministre de la santé car si le travail de la commission de planification se veut conforme aux annonces, elle doit disposer ‘sans effort’ du nombre de médecins généralistes commune par commune et les répartir selon les tranches d’âges : moins de 35 ans, 36 à 45 ans, 46 à 55 ans, 56 à 65 ans et plus de 65 ans, » conclut Muriel Gerkens.